Nick V. CUIDAS
Trente ans de jeu de rôle. Vingt-cinq ans passés aux côtés de Phyl. Et une trilogie pour raconter enfin son histoire.
— Amiens, ville de Jules Verne
Phyl n’est pas née dans un livre
Elle est née autour d’une table, il y a vingt-cinq ans. Une joueuse parmi d’autres, dans une campagne qui devait durer quelques mois — et qui ne s’est jamais vraiment arrêtée.
Pendant deux décennies, je lui ai prêté ma voix. Je l’ai vue fuir, apprendre, trahir, être trahie, encaisser des choses qu’aucun personnage ne devrait encaisser. J’ai vu d’autres joueurs s’attacher à elle, la détester parfois, s’inquiéter pour elle souvent.
« Au bout d’un moment, écrire son histoire n’était plus une envie.
C’était une évidence. »
Une adaptation, pas une transcription
Les Chroniques de Sombrelame ne sont pas le compte rendu d’une partie de jeu de rôle. Célestis est un univers autonome, avec sa géographie, ses factions, sa magie et ses règles propres — construit pour le roman, pas hérité d’un système existant.
Ce que trente ans de table m’ont appris ne se voit pas dans les décors, mais dans la façon de raconter : un récit tient à ses choix, pas à son plan. Les héros trébuchent. Les plans échouent. Les personnages secondaires prennent une importance que personne n’avait prévue.
C’est ça, l’héritage du jeu de rôle dans mes romans. Pas un univers emprunté : une manière de tenir une histoire.
Pourquoi l’autoédition
Par choix, et assumé. Je voulais publier cette trilogie avec mon style, sans avoir à la faire entrer dans une case. Écrire l’histoire que j’avais en tête — pas celle qu’on aurait voulu que j’écrive.
Ça implique tout faire : l’écriture, la fabrication, la boutique, les salons, les cartons à porter le dimanche soir. Aucune page n’a été coupée par quelqu’un d’autre que moi — à une exception près.
Ma femme est ma relectrice. Mais surtout, elle a joué aux côtés de Phyl pendant toutes ces années. Elle connaît son ton, ses limites, ce qu’elle dirait et ce qu’elle ne dirait jamais. Quand elle me dit qu’une réplique sonne faux, elle a raison. C’est la seule personne pour qui je réécris une page sans discuter.
La première trilogie est aujourd’hui complète et a trouvé son public. L’étape suivante est la recherche d’un agent littéraire, qui portera le projet auprès des maisons d’édition. À une condition, non négociable : rester libre de mon histoire et de mon style.
Ce que j’écris
De la fantasy d’aventure qui penche vers le grimdark. Pas d’élu, pas de prophétie, pas de destin tracé. Une narration à la première personne, un humour mordant même dans les pires moments, et une violence qui a un poids.
Un jour, peut-être
« Ça ferait une bonne série »
La phrase revient souvent, en dédicace. Je ne l’avais pas cherchée — ce sont les lecteurs qui en ont parlé les premiers, et assez de fois pour que j’arrête de sourire bêtement.
Alors oui : voir Phyl passer à l’écran est un rêve que j’assume. Une héroïne qui porte le récit, un monde qui a de la matière, des personnages qui font des choix coûteux — il y a de quoi.
En attendant, j’écris la suite. Et c’est déjà beaucoup.
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